Oh ! comme tu vieillis ! tu n’en es pas moins belle ;
Ton front au poids des ans refuse de fléchir.
La rose de ta lèvre est peut-être éternelle,
Puisque pleurs ni baisers, rien n’a pu la flétrir !
Oh ! comme tu vieillis ! Je te retrouve toute,
Comme autrefois, — après deux ans d’amour cueillis !
Mais sur ce cœur à toi, ton cœur frissonne et doute...
Pauvre enfant, comme tu vieillis !
Oh ! les yeux adorés ne sont pas ceux qui virent
Qu’on les aimait, ― alors qu’on en mourait tout bas !
Les rêves les plus doux ne sont pas ceux que firent …
« Oh ! pourquoi voyager ? » as-tu dit. C’est que l’âme
Se prend de longs ennuis et partout et toujours ;
C’est qu’il est un désir, ardent comme une flamme, …