Le Vent de la Nuit
« Qu’est-ce que tu lamentes, Vent de la nuit ? —
Sur quoi t’affliges-tu follement ? — Que signifie
ta voix étrange — tantôt plainte sourde, tantôt
rugissement ? — Dans ton langage que le cœur
comprend — tu affirmes une peine incompréhensible ;
— tu fouilles le cœur et tu lui arraches —
des gémissements sauvages.
« Oh ! ne chante pas ces effrayantes chansons,
— qui parlent du chaos primordial, du chaos
paternel ! — Avec quelle avidité le monde ouvre
son âme, — son âme nocturne à cette musique
aimée ! — Il se précipite hors de son enveloppe
mortelle, — il a soif de s’abîmer dans l’illimité.
— Oh ! ne réveille pas les tempêtes assoupies ;
— car au-dessous d’elles, c’est le chaos qui
s’agite. »
Source: Wikisource