Le Parnasse contemporain/1869/Vir sum

by Gustave Pradelle

Le chemin où je marche est un chemin étroit :
Les foules ne sont pas ce que l’on y redoute,
Mais les cèdres puissants lui forment une voûte,
Un soleil radieux y luit en maint endroit.

Étant né très-naïf, avec le cœur très-droit,
Je n’ai jamais trouvé sous mes pas d’autre route ;
Car, moi, je ne sais rien des tristesses du doute,
Et l’homme que je suis est un homme qui croit.

D’ailleurs, pour n’avoir pas fui la route première,
Puisqu’un lâche désir jamais ne m’a tenté,
N’ayant pas combattu je n’ai pas mérité.

Et si l’on veut savoir le nom de la lumière
Qui verse devant moi sa sereine clarté,
On ne l’appelle point Orgueil, mais bien Fierté.

More poems by Gustave Pradelle

All poems by Gustave Pradelle →