La Prière de femme

by Alphonse de Lamartine

 
Quand on se rencontre et qu'on s'aime,
Que peut-on échanger de mieux
Que la prière, don suprême,
Or pur qu'on reçoit même aux cieux ?

Vous me l'offrez, je le réclame :
Pensez à moi dans le saint lieu ;
Que cette obole de votre âme
M'enrichisse au trésor de Dieu.

L'Orient sous son ciel de fête,
Prenant les astres pour autel,
Sur les minarets du Prophète
Fait prier la voix d'un mortel.

Le chrétien dans ses basiliques,
Réveillant l'écho souterrain,
Fait gémir ses graves cantiques
Par la cloche aux fibres d'airain.

Moi, j'emprunte une voix de femme
Pour porter à Dieu mes accents ;
Mes soupirs, passant par ton âme,
Ont plus de pleurs et plus d'encens !

Paris, 4 février 1841.

 
Quand on se rencontre et qu'on s'aime,
Que peut-on échanger de mieux
Que la prière, don suprême,
Or pur qu'on reçoit même aux cieux ?

Vous me l'offrez, je le réclame :
Pensez à moi dans le saint lieu ;
Que cette obole de votre âme
M'enrichisse au trésor de Dieu.

L'Orient sous son ciel de fête,
Prenant les astres pour autel,
Sur les minarets du Prophète
Fait prier la voix d'un mortel.

Le chrétien dans ses basiliques,
Réveillant l'écho souterrain,
Fait gémir ses graves cantiques
Par la cloche aux fibres d'airain.

Moi, j'emprunte une voix de femme
Pour porter à Dieu mes accents ;
Mes soupirs, passant par ton âme,
Ont plus de pleurs et plus d'encens !

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