Si j’avais dans ma vie une heure, une seule heure,
Où ce cœur, gémissant d’un souffle qui l’effleure.
Eût joui d’un plaisir — si fugace fût-il,
Pour ce furtif instant, pour cette brève joie,
Je reprendrais, moins triste et plus vaillant, ma voie,
Et, puisant de l’espoir en ce bon souvenir,
Je dirais à mon cœur : « Sois fort, tout va finir ! »
Mais j’interroge en vain l’horreur de ma mémoire.
A chaque page, au livre amer de mon histoire,
Un mot s’épanouit comme une rouge fleur :
Malheur ! — et puis Malheur ! — et puis encor Malheur !