Fêtes de la faim/Comparaison de versions

by Arthur Rimbaud


Il existe deux versions de ce poème.

Première version[modifier]

Ma faim, Anne, Anne,
Fuis sur ton âne.

Si j’ai du goût, ce n’est guère
Que pour la terre et les pierres.
Dinn ! dinn ! dinn ! dinn ! je pais l’air,
Le roc, les Terres, le fer.

Tournez, les faims ! paissez, faims,
Le pré des sons !
Puis l’humble et vibrant venin
Des liserons ;

Les cailloux qu’un pauvre brise,
Les vieilles pierres d’églises,
Les galets, fils des déluges,
Pains couchés aux vallées grises !

Mes faims, c’est les bouts d’air noir ;
L’azur sonneur ;
− C’est l’estomac qui me tire,
C’est le malheur.

Sur terre ont paru les feuilles :
Je vais aux chairs de fruit blettes.
Au sein du sillon je cueille
La doucette et la violette.

Ma faim, Anne, Anne !
Fuis sur ton âne.


Deuxième version[modifier]

Ma faim, Anne, Anne,
Fuis sur ton âne.
 
Si j’ai du goût, ce n’est guère
Que pour la terre et les pierres.
 
Dinn! dinn! dinn! dinn ! Mangeons l’air,
Le roc, les charbons, le fer.
 
Mes faims, tournez. Paissez, faims,
Le pré des sons !
Attirez le gai venin
Des liserons ;
 
Mangez
Les cailloux qu’un pauvre brise,
Les vieilles pierres d’église,
Les galets, fils des déluges,
Pains couchés aux vallées grises !
 
Mes faims, c’est les bouts d’air noir;
L’azur sonneur;
− C’est l’estomac qui me tire.
C’est le malheur.
Sur terre ont paru les feuilles !
Je vais aux chairs de fruit blettes.
Au sein du sillon je cueille
La doucette et la violette.
 
Ma faim, Anne, Anne !
Fuis sur ton âne.

Ma faim, Anne, Anne,
Fuis sur ton âne.

Si j’ai du goût, ce n’est guère
Que pour la terre et les pierres.
Dinn ! dinn ! dinn ! dinn ! je pais l’air,
Le roc, les Terres, le fer.

Tournez, les faims ! paissez, faims,
Le pré des sons !
Puis l’humble et vibrant venin
Des liserons ;

Les cailloux qu’un pauvre brise,
Les vieilles pierres d’églises,
Les galets, fils des déluges,
Pains couchés aux vallées grises !

Mes faims, c’est les bouts d’air noir ;
L’azur sonneur ;
− C’est l’estomac qui me tire,
C’est le malheur.

Sur terre ont paru les feuilles :
Je vais aux chairs de fruit blettes.
Au sein du sillon je cueille
La doucette et la violette.

Ma faim, Anne, Anne !
Fuis sur ton âne.

Ma faim, Anne, Anne,
Fuis sur ton âne.
 
Si j’ai du goût, ce n’est guère
Que pour la terre et les pierres.
 
Dinn! dinn! dinn! dinn ! Mangeons l’air,
Le roc, les charbons, le fer.
 
Mes faims, tournez. Paissez, faims,
Le pré des sons !
Attirez le gai venin
Des liserons ;
 
Mangez
Les cailloux qu’un pauvre brise,
Les vieilles pierres d’église,
Les galets, fils des déluges,
Pains couchés aux vallées grises !
 
Mes faims, c’est les bouts d’air noir;
L’azur sonneur;
− C’est l’estomac qui me tire.
C’est le malheur.
Sur terre ont paru les feuilles !
Je vais aux chairs de fruit blettes.
Au sein du sillon je cueille
La doucette et la violette.
 
Ma faim, Anne, Anne !
Fuis sur ton âne.

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