Zanhar et Niang ont fait le monde. Ô Zanhar ! nous ne t’adressons pas nos prières ; à quoi serviroit de prier un Dieu bon ? C’est Niang qu’il faut appaiser. Niang, esprit malin et puissant, ne fais point rouler le tonnerre sur nos têtes ; ne dis plus à la mer de franchir ses bornes ; épargne les fruits naissans ; ne dessèche pas le riz dans sa fleur ; n’ouvre plus le sein de nos femmes pendant les jours malheureux, et ne force point une mère à noyer ainsi l’espoir de ses vieux ans. Ô Niang ! ne détruis pas tous les bienfaits de Zanhar. Tu règnes sur les méchans ; ils sont assez nombreux ; ne tourmente plus les bons.
L’île de Madagascar est divisée en une infinité de petits territoires, qui appartiennent à autant de Princes. Ces Princes sont toujours armés les uns contre les autres, et le but de toutes ces guerres est de faire des prisonniers pour les vendre aux Européens. Ainsi, sans nous, ce peuple seroit t…