« Je crois que tout mon lit de chardons est semé »
by Philippe Desportes
- Je crois que tout mon lit de chardons est semé !
- Qu'il est rude et malfait. Hé ! Dieu suis-je si tendre
- Que je n'y puis durer ? je ne fais que m'étendre,
- Et ne sens point venir le Somme accoutumé.
- Il est après mi-nuit, je n'ai pas l'oeil fermé,
- Et mes membres lassés repos ne peuvent prendre.
- Sus Phebus, lève-toi ! ne te fais plus attendre.
- Et de tes clairs regards rends le ciel allumé.
- Que la nuit m'importune, et m'est dure et contraire !
- Mais pourtant c'est en vain, ô Phebus, que j'espère
- D'avoir plus de clarté par ton nouveau retour :
- Car je serai couvert d'une effroyable nue,
- Tant qu'un plus beau soleil, qui me cache sa vue,
- Vienne luire à Paris et m'apporte le jour.