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    À J.-M. Fleury.

    I

    Te Deum laudamus ! Avril
    A chassé les froids, le grésil,
    Les avalanches.
    Notre printemps est de retour,
    Et partout un frisson d’amour
    Court sous les branches.

    La vie a germé de la mort.
    Adieu les bourrasques du nord !
    La brise est...

  • Alerte ! alerte !
    Les bois, les champs
    Sont pleins de chants
    Et d’herbe verte.

    Le gai Printemps
    Arrive. Il pose

    Son pied de rose
    Sur les autans.

    Un doux mystère
    Va s’accomplir,
    Et tôt remplir
    Toute la terre.

    Muse, debout !
    Allons, Lolotte,
    Voyons, ma...

  • Il paraîtrait que le Printemps,
    Si l’on en croit l’Histoire,
    Était jadis des plus constants,
    Fatal, obligatoire.

    C’était un héros gracieux,...

  • Voici la saison fraîche et rose
    Où, se levant dans un ciel pur,
    Le soleil jeune et blond arrose
    Les pâleurs moites de l’azur.

    L’Hiver, accroupi dans la pose
    D’un vieux mendiant contre un mur,
    Grelotte à l’Occident morose
    Que remplit un brouillard obscur,

    Mais, se déroulant comme une onde,
    Une large lumière inonde
    L’Orient vague et...

  • Les amoureux ne vont pas loin :
    On perd du temps aux longs voyages.
    Les bords de l’Yvette ou du Loing
    Pour eux ont de frais paysages.

    Ils marchent à pas cadencés
    Dont le cœur règle l’harmonie,
    Et vont l’un à l’autre enlacés
    En suivant leur route bénie.

    Ils savent de petits sentiers
    Où les fleurs de mai sont écloses ;
    Quand ils...

  • Paris s’endort. — Les nuées
    Par un vent frais remuées
    S’éparpillent dans les airs ;
    Sous leur brume pâle & fine
    La lune en manteau d’hermine
    Plane sur les quais déserts.

    Là-bas, comme une âme en peine,
    Une créature humaine,
    Bras nus, les cheveux au vent,
    Passe morne & désolée…
    Là-bas, dans la contre-allée,
    Près d’un...

  • J’ai mon sein, j’ai dans mon âme
    Un désir d’amour étouffant :
    Que veut mon rêve ? est-ce une femme,
    Blonde et pure comme une enfant ?

    Est-ce une vierge qui m’attire,
    Pâle sous l’or de ses cheveux ?
    J’aime et j’étouffe et ne sais dire,
    Ô mon cœur fou, ce que tu veux.

    Pourquoi, quand les chauds couchants roses
    Exaltent les fleurs dans les...

  • Ô ma muse microscopique,
    Si tu ne tiens pas à l’Hippique ?…
    Moi non plus… Donc, si tu m’en crois,
    Profitons de cette journée
    Qui me semble heureusement née
    Pour aller rêver dans les bois.

    Vois : l’air est langoureux et moite ;
    Au ciel des nuages d’ouate
    Vont floconnant, troupeau léger

    Qui promène sa marche lente
    Sous la...

  • Ô petites Parisiennes
    Aux mains de fée, aux doigts subtils,
    Vous qui, pour jouir des avrils,
    Ainsi que nos patriciennes,
    N’avez que quatre jours par mois,
    Les brunettes, les blondinettes,
    Allez, allez, ô Midinettes,
    Cueillir des muguets dans les bois !

    Aucune ville, par le monde,
    Ne possède, comme Paris,
    Des environs aussi...

  • Tu me parlais de ta voix belle
    Et demandais en insistant :
    Y a-t-il encore un printemps
    Et les feuilles repoussent-elles ?

    La guerre accapare le ciel,
    Les eaux, les monts, les bois, la terre ;
    Où vient la rose ? où est le miel
    Pour les abeilles volontaires ?

    Où les pousses des roncerois
    Et les boutons des anémones ?
    Où la rencontre...