Le regard des humains dans le gouffre s’abîme,
L’immensité l’égare au sein du merveilleux ;
Mais, planant en l’abstrait, essor mystérieux,
Leur esprit peut atteindre à l’horizon sublime,
Puis qu’au delà des temps révolus emporté,
Il a deviné Dieu dans son Éternité.
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Lorsque les ans auront glacé mon cœur,
Et sur mon front mis leur blanc diadème,
Quand j’aurai vu tous les rêves que j’aime
S’évanouir au souffle du malheur,Si la souvenance d’un temps meilleur
Ne me rend pas l’ombre de ma bohème,
Devant la faulx de la Camarde blême.
Je pousserai mon cadavre sans peur !Aussi, pour vivre aux heures de...
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Tu planas sans fatigue à la voûte infinie,
Comme sur notre nuit un astre radieux,
Toi qui fus le plus noble, et modulas le mieux
Hosanna triomphal et plainte d’agonie !Frémissante d’extase, ou pleurant les adieux,
Ta muse, en nous versant l’enivrante harmonie,
Nous entraîne au vertige éblouissant des cieux,
Dans la pleine lumière où brilla... -
Étoiles ! tourbillon de poussière sublime
Qu’un vent mystique emporte au fond du ciel désert,
À vouloir vous compter, notre calcul se perd
Dans le vertigineux mystère de l’abîme.Étoiles, tourbillon de poussière sublime !
Le puissant télescope ouvre son œil en vain.
Vous n’avez pas livré le secret de votre être,
Et nous vous admirons sans pouvoir... -
À mon illustre maître Gérôme
Écrit au bas d’une gravure
Représentant son chef-d’œuvre
« Les Deux Majestés ».Lion au front puissant, père de ce lion
Qui regarde, étonné, le soleil disparaître ;
Toi qui prêtas ton aide à la construction
Du temple néo-grec, et devins son grand-prêtre ;Toi qui sais pénétrer en pleine...
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Maître, comme il revient souvent, l'anniversaire
Des monarques puissants dont le règne éphémère,
Après quelques printemps, au tombeau doit finir ! ...
Il faut qu'un siècle passe avant que nous revienne
Ton jour de fête, ô roi de la pensée humaine
Dans l'immense avenir !
Il suffit, pour marquer la fuite des années
S'engouffrant dans l'abîme avec... -
Voici les jours où les pommiers
S'éveillent dans leur neige rose ;
L'aube des soleils printaniers
Caresse la splendeur des roses ;
L'azur immaculé des cieux,
Par l'onde calme est reflété...
Et les beaux oiseaux amoureux
Vont chanter.
Voici les soirs où le verglas
Alourdit la grâce des branches :
La tige souple des lilas
Sous le... -
Règne en paix sur le fleuve, ô solitude immense !
O vent, ne gronde pas ! Ô montagnes, dormez !
A l'heure où tout se tait sous les cieux blasphémés,
La voix de l'Infini parle à la conscience.
Entre ces deux géants dont le roc éternel,
Surgi du gouffre noir monte au gouffre du rêve,
La pensée ennoblie et plus grande s'élève
De l'abîme de l'âme à l'... -
Patrie ! ô nom sacré, te comprenons-nous bien ?
Ce n'est pas seulement tel espace de terre
Dont un traité brutal a fixé la frontière,
Qu'évoque pour nos coeurs ton sens magicien.
C'est plus que tout cela, Canadiens, la patrie !
C'est le bleu Saint-Laurent, c'est le noir Saguenay ;
C'est la sainte douleur d'un peuple abandonné,
Notre foi, notre histoire et sa... -
Dans cette cage où des bourreaux l'avaient jeté,
L'espérance faisait frémir ses grandes ailes,
Et sans que le malheur eût vaincu sa fierté,
Son regard convoitait les sphères éternelles.
Je mis fin à l'horreur de sa captivité ;
Son âme illumina ses puissantes prunelles,
Quand, déployant l'ampleur de ses formes si belles,
Il monta dans l'azur et dans...