•   Non ha l'ottimo artista alcun concetto,
    Ch' un marmo solo in se non circoscriva
    Col suo soverchio, e solo a quello arriva
    La man che obbedisce ail' intelletto.
      Il mal ch' io fuggo, e 'l ben ch' io mi prometto,
    In te, donna leggiadra, altera, e diva,
    Tal si nasconde, e, perch' io più non viva,
    Contraria ho l'arte al...

  • O folz des folz, et les folz mortelz hommes,
    Qui vous fiez tant ès biens de fortune
    En celle [1] terre, ès pays où nous sommes,
    Y avez-vous de chose propre aucune ?

    Vous n’y avez chose vostre nes-une...

  • Nostre eaige est brief ainsi comme des fleurs
    Dont les couleurs reluisent peu d’espasse
    Le temps est court et tout rempliz de pleurs
    Et de douleurs qui tout voit et compasse.
    Joye se passe, on s’esbat, on solasse
    Et entrelasse un peu de miel begnin
    Avec l’amer du monde et le venin.

    Force se pert, toute beauté finist
    Et se ternist ainsi comme la...

  • Lorsque viendra le jour de la grande revanche,
    Lorsque tu sortiras immaculée et blanche
    De ce fleuve de sang qui déborde sur toi,
    Ô France ! quand Paris, ardent et plein de foi,
    Conduisant par la main la jeune République
    Jettera de sa voix vibrante et métallique
    À tous les vents du ciel le cri de Liberté ;
    Quand verdira l’épi sur le sol dévasté,
    ...

  •  
    En quelque sorte que ce soit, il ne
    lui fut jamais possible de faire retourner le Roy
     ; car il estimoit trop indigne
    du lieu qu’il tenoit et du sang dont il
    estoit sorty, qu’on l’eust veu desmarcher
    un seul pas en arrière.

    Tant que vers le soir, son cheval ayant
    par les janissaires esté tué sous luy, fut
    à la fin mis à...

  • Un fin renard et subtil par nature
    Avec un bouc se trouva d'aventure
    Au bord de l'eau, de quelque puits si haut
    Qu'il en faillait issir à double saut,
    Ce que voyant le renard, fine bête,
    Lors dit au bouc : " Dresser convient ta tête
    Et l'estocquer encontre la paroi ;
    Par ce moyen je saillirai sur toi,
    Et par après dessus le bord du puits,
    ...

  • Ô coeur mondain, humaine pensée
    Trop aveuglée, encor plus insensée,
    Sur un appui de petite assurance
    Et fort fragile a mis ton espérance ;
    Tu n'aperçois qu'un chacun temps se passe
    Légèrement et en bien peu d'espace
    Tu n'aperçois temps et siècle tourner
    Par monuments sans jamais retourner.

    Ne vois-tu pas toutes choses finer !

    Et...

  • Comme un corbeau, plus noir que n'est la poix,
    Était au haut d'un arbre quelquefois
    Juché, tenant à son bec un fromage,
    Un faux renard vint quasi par hommage
    A lui donner le bonjour ; cela fait,
    Il est venu à l'extoller à fait

    En lui disant : " Ô triomphant corbeau,
    Sur tous oiseaux me sembles de corps beau
    Et pour autant les ceux qui noir te...

  • Plus que poison fuyez le dur meschef
    D'Oisiveté, car c'est la porte et clef
    De tous pechez, sans en excepter ung.
    Ainsi le dit feu Maistre Jehan de Meung
    En son vivant des poetes le chef.

    Dames portans atour ou couvrechief,
    Si vous voulez d'honneur venir à chef,
    Dechassez-la, car ce vous est aigrun
    Plus que poison.

    Comme les vens...

  • Coeur endurci plus que la roche bise,
    Vent aspirant pire que nord ou bise,
    De grief refus tant orgueilleulx et fier,
    N'est il moyen de te mollifier
    Par tel façon que grace en fust acquise ?

    O que les Dieulx ont mal ta place quise
    De te loger en maison si exquise,
    Pour en vertus tant te glorifier,
    Coeur endurci !

    Considéré que, sans...