Quiconque sur les os des tombeaux effroyables
- Quiconque sur les os des tombeaux effroyables
- Verra le triste amant, les restes misérables
- D'un cœur séché d'amour, et l'immobile corps
- Qui par son âme morte est mis entre les morts,
- Qu'il déplore le sort d'une âme à soi contraire,
- Qui pour un autre corps à son corps adversaire
- Me laisse examiné sans vie et sans mourir,
- Me fait aux noirs tombeaux après elle courir.
- Démons qui fréquentez des sépulcres la lame,
- Aidez-moi, dites-moi nouvelles de mon âme,
- Ou montrez-moi les os qu'elle suit adorant
- De la morte amitié qui n'est morte en mourant.
- Diane, où sont les traits de cette belle face ?
- Pourquoi mon oeil ne voit comme il voyait ta grâce,
- Ou pourquoi l'oeil de l'âme, et plus vif et plus fort,
- Te voit et n'a voulu se mourir en ta mort ?
- Elle n'est plus ici, ô mon âme aveuglée,
- Le corps vola au ciel quand l'âme y est allée;
- Mon cœur, mon sang, mes yeux, verraient entre les morts
- Son cœur, son sang, ses yeux, si c'était là son corps.
- Si tu brûle à jamais d'une éternelle flamme,
- A jamais je serai un corps sans toi, mon âme,
- Les tombeaux me verront effrayé de mes cris,
- Compagnons amoureux des amoureux esprits.