C’en est fait

 
C’en est fait, je crois, de ma vie :
Qu’importe à mon cœur gros d’ennui !
Vivre ne me fait plus envie...
Voici la Nuit, la Nuit, la Nuit !

J’ai tout perdu sur cette terre ;
Mon meilleur ami s’est enfui !
Pourquoi donc rester solitaire ?
Voici la Nuit, la Nuit, la Nuit !

C’est la fin de mes luttes vaines
Dont le souvenir me poursuit,
Des amertumes et des haines...
Voici la Nuit, la Nuit, la Nuit !

Plus de deuil, de pleurs, plus de bruit !
Salut à la Nuit solennelle !
Enveloppe-moi de ton aile,
Ô Nuit d’amour ! Immense Nuit !


Lausanne, 27 novembre 1886.