Je sens bannir ma peur et le mal que j'endure,
Couché au doux abri d'un myrte et d'un cyprès,
Qui de leurs verts rameaux s'accolant près à près
Encourtinent la fleur qui mon chevet azure !
Oyant virer au fil d'un musicien murmure
Milles nymphes d'argent, qui de leurs flots secrets
Bebrouillent en riant les perles dans les prés,
Et font les diamants...
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Soubs la tremblante courtine
De ces bessons arbrisseaux,
Au murmure qui chemine
Dans ces gazouillans ruisseaux,
Sur un chevet touffu esmaillé des couleurs
D'un million de fleurs,
A ces babillars ramages
D'osillons d'amour espris,
Au fler des roses sauvages
Et des aubepins floris,
Portés, Zephirs pillars sur mille fleurs trottans... -
Ceste nuict ne nous est point nuict,
Elle nous est une journee :
La nuict n'est encor retournee,
Ton oeil au lieu du soleil luit.
Diane qui les ombres suit
Est or' d'un noir environnee,
Et ennemie d'himenee,
Pour nous separer loing s'enfuit.
Ne te haste, chaste deesse,
N'interromps point notre caresse,
Pour la vistesse de ton... -
Les planettes ; les cieux, les astres, les estoilles,
Les eaux, la terre, l'aer, les poissons escaillés,
Les bestes des forests, les oyseaux esmaillés,
Les petits animaux des terrestres mouëlles.
Les ans, les moys, les jours, et les nuits tisse-voiles,
La course des saisons, ouvrages entaillés
De l'ouvrier souverain, tel qu'il les a baillés,
On... -
L'esté grillant, et le chaud Sirien,
Perçant les flancs de la terre qui bée :
Non ceste Fleur qui m'a l'ame enflambée,
Mesme à l'envy du gaillard Cyprien.
Elle est sa guide en ce val terrien,
Son flair combat l'odoreuse Sabée
Et dans le coeur cest amour m'est tombée
Par qui j'ay tout, et sans qui je n'ay rien.
Pluye, ni vent, ni... -
Si je la voy pres d'un ruisseau coulant,
Elle me semble une belle Naiade :
Elle me semble une belle Driade,
Si je la voy l'herbe des prez foulant.
Si je la voy par les hautz lieus allant,
Je pense voir une vraye Oreade :
Et la compare à quelque Hamadriade,
Lors qu'au jardin ses beautez va çellant.
Que diray plus ? certes je ne me trompe... -
Le feu bruslant, ou la torche allumée
Perd sa lueur aus rayons du Soleil :
Et mon amour qui n'a point de pareil,
Tout autre amour fait couler en fumée.
Voyla pourquoi mon ame accoustumée
A ressentir les esclairs d'un bel oeil,
Vit au milieu d'un brasier nompareil :
Opiniastre à se voir consumée.
Ni la rigueur des moys plus froidureus,... -
Le feu brusque, et leger, aus Astres s'achemine,
Nostre ame tient du feu : la terre, l'eau, ni l'aer,
A sa vivacité ne se peut esgaler :
Aussi le feu les passe, et sur chacun domine.
Les metaus fréchement arrachez de la mine,
S'affinent tous au feu : le feu ne peut celer
Ses graces, ni vertus : il fait estinceler
Ses clamez haut et bas, et les Cieus... -
Les vers Toscans du Cygne Florentin
Ont illustré sa Laure magnifique,
Et sous le nom du verd arbre Delfique
Semant sa gloire au Royaume Latin.
Depuis en Gaule un Sonneur Angevin
Dit sous couleur de l'Olivier Attique,
Sa chere Olive : et sa voix Poëtique
La celebra d'un chant noble, et divin.
Ore apres eus et d'age, et de merite,
... -
Le jour, le point, mille foys attendu
L'heure, et la nuit, mille fois attenduë,
M'ont desormais entre les bras rendu
D'une qui s'est entre mes bras renduë.
D'ame, et d'esprit, je suis tout esperdu !
D'ame, et d'esprit, elle est toute esperduë !
Ô jour luisant ! ô soulas pretendu !
Ô dous esbat ! ô joye pretenduë !
D'un tel discours mes...