J’ai laissé de mon sein de neige
Tomber un œillet rouge à l’eau.
Hélas ! comment le reprendrai-je
Mouillé par l’onde du ruisseau ?
Voilà le courant qui l’entraîne !
Bel œillet aux vives couleurs,
Pourquoi tomber dans la fontaine ?
Pour t’arroser j’avais mes pleurs !
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La bruine toujours pleure
Sur notre sol consterné ;
Le soleil piteux demeure
De brouillards enfariné.La neige, fourrure blanche,
Ourle le rebord des toits ;
Elle poudre chaque branche
De la perruque des bois.Sous son linceul elle enferme
Les plus lointains horizons ;
À la barbe du Dieu Terme
Elle suspend des glaçons... -
J'ai laissé de mon sein de neige
Tomber un oeillet rouge à l'eau.
Hélas ! comment le reprendrai-je
Mouillé par l'onde du ruisseau ?
Voilà le courant qui l'entraîne !
Bel oeillet aux vives couleurs,
Pourquoi tomber dans la fontaine ?
Pour t'arroser j'avais mes pleurs !