• La neige a chu, myriadaire et successive,

    Couvrant la grange vieille et le fournil branlant,
    Et sur le pommeau noir de la pompe massive

    Posant en rond un pommeau blanc.

    Dans le chemin qu’il fraye

    De la meule jusqu’à la haie,
    Les clous que le valet planta dans...

  • Voici l’asile pur des champs : voici la ferme,
    Le potager étroit, le grand clos de pommiers,
    La cour vaste où les coqs grattent les bruns fumiers,
    L’aire, et le grain fécond où sommeille le germe.

    Voici la prison blanche où le far-niente enferme
    Les pigeons, commensaux gourmands, jadis ramiers ;
    Tout près d’eux, et mêlés aux hôtes coutumiers,
    Le porc...

  • Dépensant tous pour leur richesse ou leur besoin
    Mille efforts solidaires,
    Ils habitaient de père en fils le même coin,
    En...

  • La ferme était luisante et noire et des tamis
                   pendaient aux murs.
    Le Dimanche était triste et beau, et les maïs
                   n’étaient pas mûrs.

    De bonne heure il avait quitté ses père et mère,
                   pour les missions ;
    et il nous racontait qu’il buvait l’eau amère,
                   en corruption.

    Il était en congé, et...

  • Stances

    La frayeur de la mort ébranle le plus ferme :
    Il est bien malaisé,
    Que dans le désespoir, et proche de son terme
    L'esprit soit apaisé.

    L'âme la plus robuste, et la mieux préparée
    Aux accidents du sort,
    Voyant auprès de soi sa fin toute assurée,
    Elle s'étonne fort.

    Le criminel pressé de la mortelle crainte
    D'un...

  • "Je sçay ton ferme cueur, je cognois ta constance :
    Ne sois point las d'aimer, et sois seur que le jour,
    Que mourant je lairray nostre commun sejour,
    Encor mourant, de toy j'auray la souvenance.

    J'en prens tesmoing le Dieu qui les foudres eslance,
    Qui ramenant pour nous les saisons à leur tour,
    Vire les ans legers d'un eternel retour,
    Le Dieu qui...

  • La ferme aux longs murs blancs, sous les grands arbres jaunes,
    Regarde, avec les yeux de ses carreaux éteints,
    Tomber très lentement, en ce jour de Toussaint,
    Les feuillages fanés des frênes et des aunes.

    Elle songe et resonge à ceux qui sont ailleurs,
    Et qui, de père en fils, longuement s'éreintèrent,
    Du pied bêchant le sol, des mains fouillant la...

  • A voir la ferme au loin monter avec ses toits,
    Monter, avec sa tour et ses meules en dômes
    Et ses greniers coiffés de tuiles et de chaumes,
    Avec ses pignons blancs coupés par angles droits ;

    A voir la ferme au loin monter dans les verdures,
    Reluire et s'étaler dans la splendeur des Mais,
    Quand l'été la chauffait de ses feux rallumés
    Et que les...