Ennemi du mensonge, et de ces fictions
Qui nourrissent des cœurs les folles passions,
Je veux prendre aujourd'hui la vérité pour guide.
Par elle encouragé dans un âge timide,
De l'illustre Prosper j'ose suivre les pas.
Puissé-je comme lui confondre les ingrats !
O vous qui ne cherchez que ces rimes impures,
Des plaisirs séduisans dangereuses...
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Vous que la vérité remplit d'un chaste amour,
N'esperez point encor dans ce triste séjour,
Paisibles possesseurs la goûter sans allarmes :
Chrétiens, souffrez pour elle, et prêtez-lui vos armes.
L'église à la douleur destinée ici-bas,
Prit naissance à la croix, et vit dans les combats.
Il faut que tout entier sur elle s'accomplisse
De son époux... -
Tel que brille l'éclair, qui touche au même instant,
Des portes de l'aurore aux bornes du couchant ;
Tel que le trait fend l'air, sans y marquer sa trace :
Tel et plus prompt encor part le coup de la Grace.
Il renverse un rebelle aussi-tôt qu'il l'atteint ;
D'un scelérat affreux un moment fait un saint.
Ce foudre inopiné, cette invisible flamme... -
Redoublons, s'il se peut, l'ardeur qui nous anime :
Elevons notre voix sur un ton plus sublime :
Osons du Dieu vivant célébrer la grandeur :
Osons de ses desseins montrer la profondeur.
Desseins toujours cachés, secrets impénétrables,
Jugemens éternels, et loix irrévocables,
Loix terribles d'un Dieu qui voit dans l'avenir
Ceux qu'il veut... -
Grâce, grâce, suspends l’arrêt de tes vengeances
Et détourne un moment tes regards irrités.
J’ai péché, mais je pleure ; oppose à mes offenses,
Oppose à leur grandeur celle de tes bontés.Je sais tous mes forfaits, j’en connais l’étendue
En tous lieux, à toute heure, ils parlent contre moi ;
Par tant d’accusateurs mon âme confondue
Ne prétend... -
La raison dans mes vers conduit l’homme à la foi.
C’est elle, qui portant son flambeau devant moi,
M’encourage à chercher mon appui véritable,
M’apprend à le connaître et me le rend aimable.
Indociles mortels, suspendez vos mépris :
Cette même raison dont vous êtes épris,
Au joug que vous bravez, vous invite à vous rendre :
Vous qui l’estimez... -
De tes lois dès l’enfance heureusement instruit,
Et par la foi, Seigneur, à la raison conduit,
Permets que dans mes vers, sous une feinte image,
J’ose pour un moment imiter le langage
D’un mortel qui vers toi, de troubles agité,
S’avance, et pas à pas cherche ta vérité.
Quand je reçus la vie au milieu des alarmes,
Et qu’aux cris maternels... -
Cette ville autrefois maîtresse de la terre,
Rome, qui par le fer et le droit de la guerre
Domina si longtemps sur toute nation :
Rome domine encor par la religion
Avec plus de douceur, et non moins d’étendue,
Son empire établi frappe d’abord ma vue.
Ces peuples que l’erreur rendit ses ennemis,
Contre elle révoltés, à son Dieu sont soumis.... -
Les empires détruits, les trônes renversés,
Les champs couverts de morts, les peuples dispersés,
Et tous ces grands revers, que notre erreur commune
Croit nommer justement les jeux de la fortune,
Sont les jeux de celui, qui maître de nos cœurs,
A ses desseins secrets fait servir nos fureurs,
Et de nos passions réglant la folle ivresse,
De ses... -
Le verbe égal à Dieu, splendeur de sa lumière,
Avant que les mortels sortis de la poussière,
Aux rayons du soleil eussent ouvert les yeux :
Avant la terre, avant la naissance des cieux,
Eternelle puissance, et sagesse suprême,
Le verbe était en Dieu, fils de Dieu, Dieu lui-même.
Fils de Dieu, cependant fils de l’homme à la fois,
Peut-il...