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    Le soleil a clos sa paupière
    À l’horizon tout frangé d’or.
    Déjà l’ombre crépusculaire
    Estompe le lac qui s’endort.

    Pas un lambeau de vent ne rase
    Le tapis transparent des eaux,
    Le flot indolent tout bas jase
    Avec le sable et les roseaux.

    Pas un cri ne rompt le silence
    Qui plane sur l’immensité.
    La tiède nuit de mai s’avance...

  • Partout, de loin en loin, de proche en proche,

    Et pour les morts et les saints,
    Et pour les hiers et les demains,
    Partout sonnent, sur les chemins,
    Et dans l’écho ricochent,
    Les cloches.

    L’heure est triste : les champs, les champs s’en vont mourir
    Brumes, recouvrez-les de vos étoupes lourdes ;
    Cloches,...

  • Je le dis tout à trac, je considère comme
    Une calamité
    Que l’on soit à ce point rebelle à ce qu’on nomme
    La ponctualité.

    N’importe où vous allez — mettons dans une gare —
    ...

  • Comme enfermés et secoués

    En un sac invisible,
    Une ronde de moucherons
    Tourne dans le soleil.

    L’après-midi finit : l’air est vermeil.
    Ainsi que de longues glissoires d’or,
    Des bandes de clarté obliques
    Passent entre les troncs
    Et s’étendent sur les gazons.

    Dans un pli de terrain,
    Un fin...

  • Voici encor de l'heure qui s'argente,
    mêlé au doux soir, le pur métal
    et qui ajoute à la beauté lente
    les lents retours d'un calme musical.

    L'ancienne terre se reprend et change :
    un astre pur survit à nos travaux.
    Les bruits épars, quittant le jour, se rangent
    et rentrent tous dans la voix des eaux.