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    À SILVAIN

    I

    LA Lyre est l’amie éternelle !
    L’Art montre l’éternel chemin !
    Tout bonheur durable est en Elle,
    En Lui gît tout l’honneur humain !
    Aux saintes cordes de la Lyre
    Vibre, après l’amoureux délire,
    Le réveil de notre fierté.
    A notre cœur même arrachées,
    Elles chantent, sitôt touchées,
    Un hymne d’...

  • Le joli mot que voilà :
    Boire ! Qu’en pensez-vous ? Boire !
    Moi je suis tout prêt à croire
    Qu’aucun ne vaut celui-là !

    Ivrognes, ô bons apôtres,
    Que je porte dans mon cœur,
    N’est-ce pas qu’à la rigueur
    On peut se passer des autres ?

    Boire ! Eh bien ! cela dit tout ;
    Que voulez-vous...

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    Entends, ô Khons-Hoptou ! L’homme s’agite et change.
    Mais celui-là, mon fils, est digne de louange
            Qui se souvient et tout d’abord,
    Ainsi qu’un voyageur la route poursuivie,
    Contemple ce qui fut, ouvre l'œil sur sa vie
            Et veille en préparant sa mort.

    Heureux dès sa naissance, heureux parmi les hommes,
    Le Scribe satisfait dont...

  • Nous disons que nous sommes saiges
    Et que les femmes sont fragiles ;
    Mais Dieu qui connoist nos couraiges
    Nous voyt de vertus fort debiles,
    Et en tous vices bien abiles
    Et nous peuvent femmes reprendre
    Mieulx que ne les sarions apprendre.

    Les femmes sont moult a priser
    Plus que les hommes sans doubtance :
    Sans vouloir nully mespriser,...

  • Ô le second honneur des celestes chandelles,
    Asseuré calendrier des fastes eternelles,
    Princesse de la mer, flambeau guide-passant,
    Conduy-somme, aime-paix, que diray-je, ô croissant,
    De ton front inconstant, qui fait que je balance
    Tantost ça tantost là d'une vaine inconstance,
    Si par l'oeil toutesfois l'humain entendement
    De corps tant esloignez peut faire...

  • Ô douce Volupté, sans qui, dès notre enfance,
    Le vivre et le mourir nous deviendraient égaux ;
    Aimant universel de tous les animaux,
    Que tu sais attirer avecque violence !
    Par toi tout se meut ici-bas.
    C'est pour toi, c'est pour tes appâts,
    Que nous courons après la peine :
    Il n'est soldat, ni capitaine,
    Ni ministre d'État, ni prince, ni sujet,...

  • Sous les lambris moussus de ce sombre palais,
    Écho ne répond point, et semble être assoupie :
    La molle Oisiveté, sur le seuil accroupie,
    N'en bouge nuit et jour, et fait qu'aux environs
    Jamais le chant des coqs, ni le bruit des clairons,
    Ne viennent au travail inviter la Nature ;
    Un ruisseau coule auprès, et forme un doux murmure.
    Les simples dédiés au...

  • " J'ignore l'art de bien parler,
    Et n'emploirai pour tout langage
    Que ces moments qu'on voit couler
    Parmi les fleurs et de l'ombrage.
    Là luit un soleil tout nouveau ;
    L'air est plus pur, le jour plus beau ;
    Les nuits sont douces et tranquilles ;
    Et ces agréables séjours
    Chassent le soin, hôte des villes,
    Et la crainte, hôtesse des Cours....

  • " Ô vous qui m'écoutez, troupe noble et choisie,
    Ainsi qu'eux quelque jour vous vivrez d'ambrosie ;
    Mais Alcandre lui-même aurait beau l'espérer,
    S'il n'implorait mon art pour la lui préparer.
    Ce point tout seul devrait me donner gain de cause :
    Rendre un homme immortel sans doute est quelque chose ;
    Apellanire peut par ses savantes mains
    L'exposer pour...

  • " A de simples couleurs mon art plein de magie
    Sait donner du relief, de l'âme, et de la vie :
    Ce n'est rien qu'une toile, on pense voir des corps.
    J'évoque, quand je veux, les absents et les morts ;
    Quand je veux, avec l'art je confonds la nature :
    De deux peintres fameux qui ne sait l'imposture ?
    Pour preuve du savoir dont se vantaient leurs mains,
    L'un...