• Si votre doux accueil n'eût consolé ma peine,
    Mon âme languissait, je n'avais plus de veine,
    Ma fureur était morte, et mes esprits couverts
    D'une tristesse sombre avaient quitté les vers.
    Ce métier est pénible, et notre sainte étude
    Ne connaît que mépris, ne sent qu'ingratitude :
    Qui de notre exercice aime le doux souci,
    Il hait sa renommée et sa...

  • Ah ! Clymène, j'ai cru vos yeux trop de légers ;
    Un seul mot les a fait de langage changer.
    Mon amour vous déplaît ; je vous nuis, je vous gêne :
    Que ne me laissiez-vous dissimuler ma peine ?
    Ne pouvais-je mourir sans que l'on sût pourquoi ?
    Vouliez-vous qu'un rival pût triompher de moi ?
    Tandis qu'en vous voyant il goûte des délices,
    Vous le rendez...

  • Pour M. Fouquet

    Remplissez l'air de cris en vos grottes profondes ;
    Pleurez, Nymphes de Vaux, faites croître vos ondes,
    Et que l'Anqueuil enflé ravage les trésors
    Dont les regards de Flore ont embelli ses bords
    On ne blâmera point vos larmes innocentes ;
    Vous pouvez donner cours à vos douleurs pressantes :
    Chacun attend de vous ce devoir généreux...

  • Pour M.L.C.D.C.

    Vous demandez, Iris, ce que je fais :
    Je pense à vous, je m'épuise en souhaits.
    Etre privé de les dire moi-même,
    Aimer beaucoup, ne point voir ce que j'aime,
    Craindre toujours quelque nouveau rival,
    Voilà mon sort. Est-il tourment égal ?
    Un amant libre a le Ciel moins contraire :
    Il peut vous rendre un soin qui vous peut plaire...

  • Amour, que t'ai-je fait ? dis-moi quel est mon crime :
    D'où vient que je te sers tous les jours de victime ?
    Qui t'oblige à m'offrir encor de nouveaux fers ?
    N'es-tu point satisfait des maux que j'ai soufferts ?
    Considère, cruel, quel nombre d'inhumaines
    Se vante de m'avoir appris toutes tes peines ;
    Car, quant à tes plaisirs, on ne m'a jusqu'ici
    Fait...

  • J'avais cru jusqu'ici bien connaître l'amour :
    Je me trompais, Clymène ; et ce n'est que d'un jour
    Que je sais à quel point peuvent monter ses peines.
    Non pas qu'ayant brûlé pour beaucoup d'inhumaines,
    Un esclavage dur ne m'ait assujetti ;
    Mais je compte pour rien tout ce que j'ai senti.
    Des douleurs qu'on endure en servant une belle
    Je n'avais pas...

  • Me voici rembarqué sur la mer amoureuse,
    Moi pour qui tant de fois elle fut malheureuse,
    Qui ne suis pas encor du naufrage essuyé,
    Quitte à peine d'un voeu nouvellement payé.
    Que faire ? mon destin est tel qu'il faut que j'aime
    On m'a pourvu d'un coeur peu content de lui-même,
    Inquiet, et fécond en nouvelles amours :
    Il aime à s'engager, mais non pas...