À J.-M. Fleury.

I

Te Deum laudamus ! Avril
A chassé les froids, le grésil,
Les avalanches.
Notre printemps est de retour,
Et partout un frisson d’amour
Court sous les...

 
Sors de ta ruche obscure et vole, ô jeune essaim !
Doux rêves que l'hiver enchaînait dans mon sein,
Allez, chantez sur l'aubépine !
Le soleil vous invite, ô mes oiseaux chéris ;
L'herbe est verte aux filions, et les pêchers fleuris
Teignent de rose la...

Alerte et déliant la langue des pinsons,
Quand viendra, couronné des floraisons nouvelles,
Avril, qui fait vibrer les âmes et les ailes,
Avril, le doux poète et faiseur de chansons ;

Quand l’aubépine, étoile et neige des buissons,
Brillera dans le vert pâle des...

Alerte ! alerte !
Les bois, les champs
Sont pleins de chants
Et d’herbe verte.

Le gai Printemps
Arrive. Il pose

Son pied de rose
Sur les autans.

Un doux mystère
Va s’accomplir,
Et...

 
Sais-tu, mignonne ! la pervenche
Émaille déjà les buissons,
Et les oiseaux de branche en branche
Disent tout joyeux leurs chansons.

Partout se réveille la vie
Sous les chauds rayons du soleil :
C’est le printemps, il nous convie
Ensemble à fêter...

 
Le printemps, le printemps ! Tout renaît et fleurit.
Le vin de la jeunesse enivre la nature.
Au bord de chaque haie une rose sourit,
Et les fils de la Vierge errent à l’aventure ;
Les abeilles des bois sentent pousser leur dard ;
C’est le temps de chanter...

 

Savez-vous, gens de Paris,
Dont on voit les faces ternes
Sous des arbres rabougris
Où fleurissent des lanternes,

Quand, au long des boulevards,
Vous assiégez d’une lieue
Les gros drames, ces renards
Dont l’été coupe la queue !...

Savez-...

 
Comme un fruit au printemps et dans sa fleur se noue,
Ainsi notre âme à l'heure où le matin s'y joue ;
Les fruits sont dès avril ce qu'ils seront plus tard ;
Tels nous-mêmes : l'enfant renferme le vieillard.
On connaît les efforts de l'humaine culture,
Et...

                     Permettez, ô sirène,
                     Voici que votre haleine
                     Embaume la verveine;...

Il paraîtrait que le Printemps,
Si l’on en croit l’Histoire,
Était jadis des plus constants,
...