Fuis, âme blanche, un corps malade et nu ;
Fuis en chantant vers un monde inconnu !

À dix-huit ans, je n’enviais pas, certes !
Le froid bandeau qui presse les yeux morts.
Dans les grands bois, dans les campagnes vertes,
Je me plongeais avec délice alors ;
...

Tu sais l’amour et son ivresse
Tu sais l’amour et ses combats ;
Tu sais une voix qui t’adresse
Ces mots d’ineffable tendresse
Qui ne se disent que tout bas.

Sur un beau sein, ta bouche errante
Enfin a pu se reposer,
Et sur une lèvre mourante
...

Dans mes jours de malheur, Alfred, seul entre mille,
Tu m'es resté fidèle où tant d'autres m'ont fui.
Le bonheur m'a prêté plus d'un lien fragile ;
Mais c'est l'adversité qui m'a fait un ami.

C'est ainsi que les fleurs sur les coteaux fertiles
Étalent au soleil...

Par une nuit d’été, quand le ciel est d’azur,
Souvent un feu follet sort du marais impur.
Le passant qui le voit le prend pour la lumière
Qui scintille aux carreaux lointains d’une chaumière ;
Vers le fanal perfide il s’avance à grands pas,
Tout joyeux ; et bientôt...

Tu te frappais le front en lisant Lamartine,
Edouard, tu pâlissais comme un joueur maudit;
Le frisson te prenait, et la foudre divine,
                        Tombant dans ta poitrine,
T'épouvantait toi-même en traversant ta nuit.

Ah! frappe-toi le cœur, c'est là...

      Voici quatre-vingts ans, — plus ou moins, — qu’un curé,
On plutôt un vicaire, au comté de Surrey
Vivait, chétif et pauvre, et père de famille ;
C’était un de ces cœurs dont l’excellence brille
Sur le front, dans les yeux, dans le geste et la voix ;
Gibbon...

Poet: Sainte-Beuve

Les parfums les plus doux et les plus belles fleurs
Perdoient en un instant leurs charmantes odeurs;
Tous ces mets savoureux dont je chargeois ma table
Ne m’ont jamais offerts qu’un plaisir peu durable,
Oublié le jour même et suivi de regrets.
Mais de ces...

 
La prose n'est point sotte, et, — disons-le tout bas, —
Le plus souvent les vers sont de la sotte prose,
De lourds empâtements de vert tendre et de rose,
Des suites d'adjectifs, des oh ciel ! des hélas !
Un orgueilleux jargon où le pauvre poète
Vous dit tout...

Poet: Émile Zola

L'aigle, c'est le génie ! oiseau de la tempête,
Qui des monts les plus hauts cherche le plus haut faîte ;
Dont le cri fier, du jour chante l'ardent réveil ;
Qui ne souille jamais sa serre dans la fange,
Et dont l'oeil flamboyant incessamment échange
Des éclairs...

Poet: Victor Hugo

Entends-tu ce long bruit doux comme une harmonie,
Ce cri qu’à l’univers arrache le génie
        Trop longtemps combattu,
Cri tout d’un coup sorti de la foule muette,
Et qui porte à la gloire un nom de grand poëte,
        Noble ami, l’entends-tu ?

À l’...