Près de moi se tenait une femme si douce
Que moins doux est un nid fait de plume et de mousse.
Le sourire dormait sur sa lèvre ; ses mains
Caressantes avaient des senteurs de jasmins ;
Ses bras semblaient promettre une étreinte profonde.
Elle était pâle avec la...

Ce fut un soir d’hiver que ce vaste cadavre
De ville m’apparut ; je n’oublierai jamais
Ses mornes carrefours sans rumeurs, ses palais
Vides et délabrés dont l’aspect glace et navre.

Le vent faisait plier des arbres rabougris
Sur les larges remparts pleins de...

Le découragement, la fatigue et l’ennui
Me saisissent, devant l’implacable puissance
Des choses ; loi, destin, hasard ou providence,
Quelqu’un m’écrase, et moi, je ne puis rien sur lui.

Peut-être les démons de ceux à qui j’ai nui
Autrefois, quelque part, dans une...

Nature, rien de toi ne m’émeut, ni les champs
Nourriciers, ni l’écho vermeil des pastorales
Siciliennes, ni les pompes aurorales,
Ni la solennité dolente des couchants.

Je ris de l’Art, je ris de l’Homme aussi, des chants,
Des vers, des temples grecs et des tours...

La vie avance et fuit sans ralentir le pas ;
Et la mort vient derrière à si grandes journées,
Que les heures de paix qui me furent données
Me paraissent un rêve et comme n’étant pas.

Je m’en vais mesurant d’un sévère compas
Mon sinistre avenir, et vois mes...

L’âcre senteur des bois montant de toutes parts,
Chasseresse, a gonflé ta narine élargie,
Et dans ta virginale et virile énergie,
Rejetant tes cheveux en arrière, tu pars !

Et tout le jour tu fais retentir Ortygie
Du rugissement fou des rauques léopards,
Et...

Quand, les temps accomplis, sous les faisceaux romains
Mourante, se tordait la cité de Minerve,
(Car, splendeur, et génie, et grâce, tout s’énerve !)
On la vit vers le ciel tendre ses blanches mains ;

Remplissant ses palais, le port et les chemins
De soupirs...

Ils me diront, — pauvres fous, —
Que la terre se réveille,
Que les vents soufflent plus doux,
Qu’un ange, de sa corbeille,
Fait tomber des fleurs sur nous.
 
Ils me diront qu’au cerveau
Montent, comme les fumées
D’un vin étrange et nouveau,
...

Poet: Jules Forni

Si je suis reine au bal dans ma rote traînante,
Noyant mon petit pied dans un flot de velours ;
Je suis belle en sortant de mes grands cerceaux lourds.
Je n’ai rien à gagner dans leur prison gênante.

Voyant mes cheveux d’or ondoyer sur mes reins,
La Vénus à la...

Sur ce rivage au sable lisse
Le bain d’hier fut un délice ;
L’Océan n’était plus amer :
Dans les eaux d’une jeune blonde,
Comme un Triton, j’aimais dans l’onde,
Et comme à Paris, dans la mer.

Je disais au flux de la lame :
« — Que m’apportez-vous de la...